dimanche 16 décembre 2012

Une Europe qui retrouve toute sa lenteur



 Le Conseil des 13 et 14 décembre  ne restera pas comme un grand conseil dans les annales de l'Europe. C'est vrai que l'on ne peut pas avoir que des Conseils historiques mais il est aussi important de battre le fer tant qu'il est chaud et le fer a tendance à refroidir très rapidement en Europe... et il semble déjà bien froid.


Au coeur de la crise, le Conseil avait demandé au Parlement Européen et à la Commission de préparer d'ici la fin de l'année 2012 des feuilles de route pour donner un cap à une Europe manquant de boussoles. Le PE a rendu sa copie le 20 novembre dernier, la Commission le 28, et les deux rapports sont bons. La Commission va jusqu'à proposer un véritable budget de la zone euro, un fond d'amortissement des dettes souveraines, des émissions de dettes communes. De façon assez affligeante le Conseil s'est contenté de ''prendre note'' ou de ''prendre acte'' de ces beaux documents qui vont donc maintenant chercher une belle place dans un bon placard. Donc toujours la même inconséquence.

Il est vrai que ce Conseil entérine les décisions de l'EcoFin sur le Mécanisme de Surveillance Unique. Soit, mais d'une part tout cela est bien flou,  pas de communication précise pour éclairer le citoyen européen curieux, et apparemment, à en croire la presse, nous sommes très loin du compte. La surveillance de la BCE ne toucherait directement que 200 établissements financiers sur les 5'800 qui existent en Europe. Serait-ce donc un succès à ... 3,44%? À suivre, et au PE de rugir pour obtenir une Banking Union digne de ce nom.

Un Conseil bien trop consensuel, qui ravit tant la Grande-Bretagne qui ne devrait pas souffrir de la Banking Union, que l'Allemagne qui rentre progressivement en hibernation européenne pour ne pas heurter une année 2013 qui sera une année électorale.

Il est vraiment temps de construire une Europe politique qui sorte des impératifs des agendas politiques nationaux. On se met à regretter les claques données par les marchés, il n'y a qu'elles pour réveiller, bien trop brièvement, notre Belle au Bois Dormant. Le temps d'une claque, bien trop vite passé.

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