samedi 15 septembre 2012

Au delà des Pays-Bas le véritable défi politique européen


Le 12 Septembre l'Europe se réjouissait de deux excellentes nouvelles, le tribunal constitutionnel de Karlsruhe donnait son feu vert à la participation allemande au MSE (Mécanisme Européen de Stabilité) et les Hollandais votaient pro-européen. En Hollande, ce pays qui a clairement dit Non par référendum au projet de traité constitutionnel européen,  on craignait la victoire des populistes eurosceptiques, voire des anti-européens. Finalement la raison a triomphé et les pro-européens l'ont emporté, via le VVD libéral de Mark Rutte, qui remporte 41 sièges sur 150 au Parlement, et le PVDA social-démocrate de Diederik Samsom (39 sièges).

En fait l'Europe a regardé ces résultats sans trop vouloir rentrer dans le détail des guerres de boutons locales et qui rendent pourtant la relation entre libéraux et sociaux-démocrates plus que compliquée. C'est intéressant car on pressent déjà que nous aurons bientôt exactement la même situation en France, une frange très à gauche et très à droite perdue dans de vives émotions antieuropéennes et des libéraux et des sociaux-démocrates que la raison européenne devrait logiquement pousser à travailler ensemble. Mais la raison triomphera-t-elle?

Aujourd'hui le centre droit français se reconstitue peu à peu, échaudée par l'extrémisme des positions prises par le Président Sarkosy durant la campagne présidentielle, mais aussi en opposition affichée et déterminée à un gouvernement qui pourtant ne brille pas par son extrémisme de gauche. Et il est déjà parfaitement clair que la France ne pourra triompher des défis qui l'assaillent que si ces deux mouvements politiques parviennent à dépasser leurs oppositions tant séculières que puériles, pour enfin redresser le pays ensemble.

Il en est de même un peu partout en Europe, Allemagne compris. C'est donc l'heure des Européens. La technostructure de Bruxelles ou de Francfort a fini par faire plus ou moins son travail. Six Pack, Mécanisme Européen de Stabilité, Outright Monetary Transactions de la BCE, Union Bancaire en vue, projet de Redumption Fund dans le tiroir, on arrive maintenant à plus ou moins dessiner une sortie de crise possible. Reste que cette sortie de crise ne réussira pas sans un mouvement politique pour la soutenir, la promouvoir,  la mettre en place, sans un réel soutien des opinions publiques européennes. Et donc superbe symbole que celui de Draghi allant vendre sa politique devant le Bundestag!

Les Élections hollandaises l'ont clairement indiqué, tous les observateurs externes, y compris européens, scrutent avec une attention toute justifiée l'assentiment de l'opinion publique à la poursuite de la construction européenne, poursuite qui ne peut être qu'un pas vers plus d'Europe. Et la Hollande, à l'image de toute l'Europe, montre que cet assentiment peut exister mais nécessite pour devenir réalité gouvernementale de faire bouger les frontières politiques locales. Je ne serai pas très étonné de voir fin 2013 une nouvelle grande coalition en Allemagne, je ne serai pas étonné de voir en France la recherche d'un trait d'union entre le nouvel UDI et un PS devenu très social-démocrate.

Impossible? Tristes chimères et donc échec au final du redressement de la France, du redressement de l'Europe? Je ne le crois pas. Pas du tout.

Demandons plutôt à François Bayrou ce qu'il en pense.  Le MoDem, à défaut d’être un succès électoral saurait-il devenir un trait d’union ? Un nouveau défi pour le MoDem... S'il existe encore. 

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